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Sortir à PONT SCORFF dans le Morbihan (56)

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Sortir à PONT SCORFF
dans le Morbihan

L'ART CHEMIN FAISANT

Sortir à PONT SCORFF(Morbihan). PONT SCORFF.
  • Sorties Exposition artistique
  • Date : du dimanche 21 juin 2026 au dimanche 20 septembre 2026
  • Horaire : 13h30 à 18h30
  • Adresse: 1 rue Terrien,
  • Organisateur: L'Atelier d'Estienne
  • Ref annonce gratuite Exposition artistique: 342355

Dans mes oeuvres, les traces et les empreintes du passé se superposent
et se rencontrent. De près, ce ne sont que des formes isolées, des murmures lointains. Mais
en prenant un peu de recul, ces silences et ces bruits nissent par s’accorder. Dans le ux du
temps, ils deviennent une musique, un état d’harmonie.
Mon travail est le récit de ce processus.
C’est une fugue en mouvement sur l’empreinte du temps :
l'histoire de nos fragments qui, au lieu de nous diviser,
composent ensemble un chant complet.
Yoon Ji-Eun, janvier 2026
« Fragmentations et temporalités : entre chaos et perception »
Depuis des années Yoon Ji-Eun interroge la temporalité, la synchronicité des évènements
sans lien, l’éclatement de ce qui semblait faire unité. L’artiste tente de donner forme à cette
multiplicité qui nous échappe sans arrêt et dont nous sommes à la fois les acteurs et les
tributaires. Le sentiment d’évoluer dans un labyrinthe peut nous saisir, nous manquons de
perspective et de sortie. Ceci peut se jouer sur un plan intime ou bien résulter de l’Histoire
avec un grand h, celle qui chamboule sans demander. En réponse à nos recherches de sens,
de stabilité et d’harmonie, la vie nous ore équilibres fragiles et précaires.
Et le temps : Le présent est bien maintenant, mais dans un instant il est déjà autre. Ce
présent nous la traversons peut-être en songeant au passé, voir au futur. Et simultanément,
tout autour de nous, des milliards d’êtres vivent la même chose. Si l’horloge qui domine nos
vies nous fait croire à une linéarité du temps, notre temporalité mentale et émotionnelle est
tout autre.
Avec la distance, physique, géographique et temporelle, notre vision du vécu évolue – nous
la revisitons et souvent nous la réinterprétons. L’éloignement fait naître l’impression de voir
plus clair. Les fragments commencent à former des ensembles, nous avons le sentiment de
percevoir un tout – et encore, peut-être n’est-ce qu’une illusion.
« Entre dédale et fugue : exploration poétique du fragment »
Histoire de dédales et de fugues est une proposition poétique et métaphorique qui place au
centre le fragment, nos déambulations et nos perceptions incomplètes. Le dédale fait
référence à un endroit ou situation complexe dont nous sortons dicilement et la fugue à la
forme musicale dont le nom provient de l’italien fuga, apparenté à la fois à « fugere » (fuir) et
à « fugare » (poursuivre). Une fugue musicale est portée par un thème qui est lancé à travers
plusieurs variations se poursuivant et se transformant dans un mouvement perpétuel.
Etrangère venue de loin, la réalité de Yoon Ji-Eun présente une complexité particulière car
son histoire personnelle a commencé en République de Corée pour se poursuivre depuis
plus de vingt ans en France. Son oeuvre reète ainsi non seulement un présent mais
également un passé qui paraît encore plus éloigné du fait de la distance quotidienne avec sa
culture d’origine.
« Fragments en mouvement : l’univers visuel et sonore de Yoon Ji-Eun »
L’emploi de deux palettes, l’une au spectre complet et l’autre noir-blanche pour désigner le
lointain permets à l’artiste d’établir une distinction entre types de fragments, entre types de
récit.
Foisonnement et richesse de propos caractérisent l’univers de Yoon Ji-Eun. Sans hiérarchie
aucune, des bribes d’images et de situations ainsi que des formes sans nom s’articulent
librement sur la surface du bois stratié, de la toile ou du plexiglas. Ces éléments semblent
se déplacer et les points de vue alternent.
Loin des compositions en perspective, l’on perçoit plutôt un ux dont les composants
peuvent à tout moment bouger. Qui aime écouter la musique les yeux fermés, reconnaitrait
sans doute ici les sensations et visions spatiales qu’engendre cette expérience. Voix et sons
séparées se rencontrent, voyagent ensemble pour se quitter ensuite et entamer aussitôt
d’autres cheminements.
« Collages et fragments : naissance d’un monde à mille récits »
L’artiste débute par la création de collages de papier eux-mêmes le résultat d’une fragmentation
car l’artiste découpe et déchire divers documents, magazines et journaux qui vont par
la suite jouer le rôle
d’esquisses. Avec ces collages aux formes libres, elle compose utilisant tantôt tel élément,
tantôt tel autre qu’elle transpose en peinture ou en dessin. Ceci exactement comme le
compositeur introduirait la couleur ou l’expression spécique d’un instrument ou d’une voix
en combinaison avec d’autres. L’impression première des oeuvres de Yoon Ji-Eun est celle
d’un monde abstrait mais il sut de regarder de près les fragments pour y voir un détail de
paysage, d’architecture, d’un corps, d’un objet du quotidien, d’un tableau ancien, d’une lune
déclinante, voir des mots… Mille récits se retrouvent ici portés par une luminosité insistante
et un cycle sans n.
« Explorer l’espace et le mouvement : fragments et formes en dialogue »
L’invitation à investir plusieurs lieux dans le cadre de L’Art Chemin Faisant à Pont-Scor a été
une opportunité pour Yoon Ji-Eun d’expérimenter de nouvelles formes et matières et
d’approcher son sujet sous diérents angles.
A l’Atelier d’Etienne,
des mobiles de très grand format présentent des mouvements animés par le soue
environnant. Ces mobiles se composent de découpages en contreplaqué sur lequel Yoon
Ji-Eun a dessiné et peint des fragments de saynètes, de corps, d’objets, de paysages. Les
formes sont irrégulières ou, au contraire, sphériques comme de petites planètes qui réunies
constituent des cosmogonies. Leurs rondes légères nous orent à tout instant une vision
nouvelle.
En mezzanine un praxinoscope, vieil dispositif à tambour, pensé pour animer des images
autour d’un axe central en miroir créé un petit lm linéaire à partir des de visuels xes,
faisant naître l’idée d’un lien entre images fragmentés.
Dans la pièce arrière plusieurs plaques en plexi transparent forment une enlade : Chaque
plaque contient le fragment d’une image mais lorsque l’on regarde avec du recul une seule
image, une gure complète se forme.
Au sous-sol des bas-reliefs en céramique évoluent sur les murs : des formes abstraites se
détachent sur les arrière-plans aux couleurs uides ; les tons sont délicats, pastels et
couleurs ensoleillées alternent avec une palette plus minimale.
A la Maison des Princes,
le vaisseau des combles accueille une installation composée de grands reliefs verticaux
suspendus sur lesquels images et fragments peints et dessinés se juxtaposent. Le visiteur est
invité à déambuler et à composer son propre récit à partir de ces marqueurs/stèles qui
s’inscrivent dans l’espace avec monumentalité tel quelque site ancestral.
Dans l’atelier de l’Espace Pierre-de-Grauw,
un ensemble de dessins intitulés Voyage dans ma tête témoigne d’une résidence à la Villa
N’Dar à Saint-Louis au Sénégal (2020) qui a été une révélation et un choc pour Yoon Ji-Eun.
Ici son monde est devenu uide, inondé par la lumière aveuglante. S’y lit son empressement
de saisir une vie si diérente – couleurs, odeurs, rythmes, détresse – et les impressions d’une
ville où le passé est encore très présent.
Le souterrain
Sur le chemin du manoir, l’on découvre le passage souterrain transformé en dédale : dix
rideaux représentent les strates accumulées de l’existence. En repoussant ces tissus peints
d'images fragmentées, le spectateur incarne le cheminement d’une vie, une lente progression
silencieuse à travers la confusion.
Au Manoir de Saint Urchaut,
Yoon Ji-Eun investit la pièce sombre du rez-de-chaussée avec une série de pièces en
plexiglass gravées et peintes qui comportent également des éléments de collage. Des
projecteurs dirigés vers les oeuvres créent un jeu d’ombres sur les murs faisant ressortir les
contours créés par les lignes gravées. Le regard est déé par l’obscurité ; sa vision n’est que
partielle… L’ombre projetée porte un récit d’une autre nature que celui qui se voit à peine
sur les oeuvres entreposées. Deux aspects d’une même réalité se perçoivent simultanément.
Maria Lund
Yoon Ji-EUN est représentée par la galerie Maria Lund