Sortir ce week end à LA FRETTE SUR SEINE
dans le Val d'oise
SUR L’AUTRE RIVE BY DEC
- Sorties Exposition artistique
- Date : le samedi 10 octobre 2026
- Horaire : 14h00 à 22h00
- Adresse: 48bis quai se Seine,
- Organisateur: CFBL
- Ref annonce gratuite Exposition artistique: 346736
UNE TRAVERSÉE ENTRE PEINTURE, SCULPTURE ET INSTALLATION
Vivant et travaillant à La Frette-sur-Seine depuis plus de vingt ans, DEC entretient avec l’église Saint-Nicolas une relation familière. C’est dans le dialogue avec cet édifice chargé d’histoire — ses pierres du XIIIe siècle, son Christ en bois sculpté du XIVe siècle classé monument historique, la lumière particulière de ses vitraux — qu’il revient déployer une installation pensée spécifiquement pour la nef, le chœur et les travées.
Sur l’autre Rive se découvre comme un parcours plus que comme une exposition figée. De grands formats peints, des sculptures s’installent dans les travées comme autant de stations, et des dispositifs immersifs — jeux de lumière, matières suspendues, présences sonores — enveloppent le visiteur et le font entrer physiquement dans l’espace de l’œuvre. Peinture, sculpture et installation ne s’y juxtaposent pas : elles se répondent, comme les étapes successives d’une même création.
DÉVELOPPÉ SYMBOLIQUE — DE LA RIVE À LA GENÈSE
Le titre n’est pas une simple image. La Frette-sur-Seine doit son identité au fleuve : le village s’étire le long de sa rive, et un bac traversier permet encore aujourd’hui, à la belle saison, de gagner «l’autre rive» et le parc qui s’y déploie. L’église elle-même, dédiée à saint Nicolas — protecteur des mariniers, des voyageurs et de tous ceux qui affrontent les eaux —, regarde la Seine depuis son quai. Installer Sur l’autre Rive dans cet édifice, c’est donc placer l’œuvre à l’endroit exact où l’on quitte une rive pour une autre : un seuil.
Ce seuil est aussi celui de la Genèse. Le récit biblique s’ouvre sur des eaux informes et un abîme que l’esprit parcourt, avant que la lumière ne soit appelée, avant que les eaux ne soient séparées et qu’apparaisse la terre ferme — la toute première rive du monde. Traverser, dans ce récit comme dans le geste du passeur, c’est passer du chaos à la forme, de l’indistinct au nommé, de ce qui n’est pas encore à ce qui commence d’être. DEC fait de cette bascule la matière même de son travail : il cherche, selon ses mots, à « figer cet instant dans son mouvement, ce point d’équilibre avant qu’il ne bascule ». L’autre rive n’est alors pas seulement un lieu que l’on atteint : c’est l’instant suspendu de la traversée elle-même, cet interstice où une forme n’est plus tout à fait celle qu’elle quitte et pas encore celle qu’elle devient.
En investissant une église pour en faire le théâtre d’une genèse, DEC renoue avec une tradition ancienne, celle du lieu de culte comme espace où l’art donne forme sensible à ce qui, sans lui, resterait de l’ordre du récit ou de la croyance. Le temps d’une journée, la nef devient un entre-deux — ni tout à fait sacré au sens liturgique, ni tout à fait profane — où chacun est invité à sa propre traversée, esthétique autant qu’intérieure.
lng: 02°10'43.31"E