Sortir à JOUY EN JOSAS
dans les Yvelines
L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE AU TRAVAIL
- Sorties Conférence
- Date : le mercredi 29 avril 2026
- Horaire : 14h00 à 15h30
- Adresse: 1, rue de la libération,
- Organisateur: HEC Paris
- Ref annonce gratuite Conférence: 338459
Département : Droit et Fiscalité
Intervenant : Antonio ALOISI, Université IE de Madrid
Salle : S 118 et en ligne via Zoom :
« L’intelligence artificielle au travail : pouvoir, participation et avenir de la gouvernance du travail »
Résumé
Que font les dirigeants à l’ère de l’IA ? Plus précisément : qu’advient-il du pouvoir managérial et de l’autonomie des travailleurs lorsque les décisions relatives à l’embauche, à la performance, à la rémunération et au licenciement sont de plus en plus déléguées à des systèmes algorithmiques ?
Cette présentation soutient que l’IA au travail n’est pas simplement une question d’efficacité ou d’innovation. C’est une question de pouvoir. Du recrutement à la surveillance à distance, en passant par l’évaluation des performances et la fixation des salaires, les systèmes de gestion algorithmiques promettent l’objectivité tout en intensifiant le commandement et le contrôle. Ils amplifient les prérogatives managériales, traduisent le pouvoir discrétionnaire en code et rendent l’autorité moins visible et plus difficile à contester. Pourtant, cette transformation n’est pas à sens unique. Les managers, eux aussi, se retrouvent pris au piège de systèmes qu’ils ne comprennent ni ne maîtrisent pleinement. Il en résulte un paradoxe d'autonomisation et de dépossession simultanées : travailleurs et managers sont à la fois renforcés et contraints par l'IA.
S'appuyant sur la doctrine juridique, la jurisprudence et l'évolution de la réglementation au sein de l'UE, cette intervention examine de manière critique si les garanties existantes (droits à la protection des données, législation antidiscrimination, mécanismes d'information et de consultation, et architecture fondée sur les risques de la loi sur l'IA) sont capables de faire face à cette transformation. Si ces cadres offrent des outils importants, ils fonctionnent souvent comme des garde-fous procéduraux dans un contexte qui a structurellement (quantitativement et qualitativement) changé. Plutôt que de considérer l'IA comme un problème de conformité externe, cette conférence propose une approche multidimensionnelle, anticipative et participative de la gouvernance des technologies au travail. Elle explore comment les normes de protection des données et de lutte contre la discrimination peuvent fonctionner de concert pour rendre les décisions automatisées documentables et contestables, et pourquoi les acteurs collectifs (syndicats, comités d'entreprise et autres instances représentatives) sont particulièrement bien placés pour rééquilibrer les asymétries d'information et prévenir les abus. Parce que les données sont relationnelles, la gouvernance doit être collective.
L'idée centrale est que l'IA ne se contente pas de remodeler la gestion du travail ; elle remodèle la répartition du pouvoir au travail. Sans contrôle, elle risque de consolider des hiérarchies opaques sous couvert de neutralité. Mais elle pourrait aussi être mise à profit pour démocratiser le monde du travail, renforcer l'autonomie et permettre de nouvelles formes de codécision.
lng: 02°10'8.45"E